Résumé

Tout débute le jour où Daniel Sempere, un enfant de dix ans orphelin de mère, découvre avec la complicité de son père un lieu secret : le cimetière des livres oubliés et son énigmatique gardien Isaac. Son père, qui tient la librairie Sempere et fils, tout comme son père, son grand-père et son arrière-grand-père avant lui, le conduit là-bas et lui en explique les règles : ne parler de ce lieu à personne, sous aucun prétexte, et adopter un livre qu’il lui faudrait protéger coûte que coûte. Le jeune Daniel adopte alors un livre, L’ombre du vent, écrit par un mystérieux auteur, Julián Carax. Mais très vite Daniel découvre une véritable toile d’araignée d’énigmes qui entoure le roman et l’écrivain; un homme défiguré au nom de personnage de roman qui recherche tous les livres de Carax pour les brûler, le sinistre inspecteur Fumero, les camarades de classe de Carax, la mystérieuse Pénélope, l’énigmatique Nuria Montfort, un collège huppé de Barcelone, un duel après lequel Carax semble s’être évaporé dans les airs…sont autant de fantômes que Daniel devra poursuivre avec l’aide de son fidèle ami Fermín et de l’inaccessible Béa pour démêler un casse-tête qui l’emmènera bien au-delà de ce qu’il imaginait. Tout se déroule dans une Barcelone grise, pluvieuse, couverte de brouillard et de nuages, décrite avec tant d’art et de précision que l’on peut sentir le froid, la pluie, le vent qui s’engouffre dans les grandes bâtisses gothiques; on peut entendre les pas qui se dessinent dans la poussière, les portes qui s’ouvrent et se ferment; on peut voir les ombres se faufiler et disparaître, les lumières clignoter, les soirées obscures annonçant les tempêtes.

Au fur et à mesure que nous avançons dans la saga, qui culmine avec Le labyrinthe des esprits, la complexité de la trame se fait de plus en plus évidente; nous pénetrons dans la psychologie des personnages, dans leur histoire personnelle, dans leurs blessures et parfois dans leur folie; il y a les bons, les méchants, les bons pas si bons, et les méchants pas si méchants. En fouinant dans la vie et dans la réalité des personnages, nous nous enfonçons aussi dans les entrailles d’un régime pourri jusqu’à la moëlle, dans l’Espagne de l’après-guerre, obscure, souterraine, qui au nom du pouvoir justifie toutes les horreurs. Chaque personnage trouve sa place, les liens entre eux se dévoilent et le lecteur ressent un indescriptible plaisir à voir s’emboîter toutes les pièces du puzzle commencé au début de la saga; les nouveaux protagonistes, tout particulièrement Alicia Gris dans le dernier tome, viennent compléter une galerie de personnages à la psychologie fine et détaillée, et nous aident à révéler les secrets encore enterrés; je crois que le lecteur s’identifie à elle car tout comme elle, il enquête et cherche à savoir ce qu’il s’est passé, en particulier le rôle du terrible Mauricio Valls dans tout cela, et en quoi cette Espagne corrompue est étroitement liée à la vie personnelle de nos personnages.

Le rôle de la littérature est un autre thème essentiel; il y a trois écrivains maudits dans la saga : Julián carax, David Martín et Victor Mataix; et tous tombent par la faute de ce qu’ils ont écrit, ou de ce qu’on leur a demandé d’écrire. Le pouvoir des mots est très fort, car ils sont la seule manière que l’homme a trouvée pour atteindre l’immortalité : n’était-ce pas ce que cherchait Mauricio Valls ? Et Corelli ? Ne serait-ce donc pas le rôle du cimetière des livres oubliés ? De lutter, précisément, contre l’oubli ?  

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